Transports
 

Lettre d’information – 26 juin 2013

 
 
  La lettre des élu-e-s Front de Gauche

Parti communiste français – Gauche
Unitaire – Alternative Citoyenne

Conseil régional d’Île-de-France
26 juin 2013
 
 
Sommaire
 
 
     
 

Édito
Gabriel Massou – Président du groupe
 
  Cette dernière séance du Conseil régional avant la fin de l’année scolaire a vu l’adoption de plusieurs rapports importants : plan d’investissement exceptionnel dans les transports pour 2013-2017, plans d’actions pour la lutte contre les discriminations et l’égalité femmes-hommes

Face à une droite agressive et obsédée par la chasse à la dépense publique, le Front de gauche a été très présent, avec de nombreux amendements pour enrichir les politiques régionales.

Nous avons aussi souhaité à l’occasion de cette séance interpeler sur des sujets qui nous semblent majeurs : la situation des lycéen-ne-s sans-papiers, le projet de « métropole de Paris » ou le budget 2014.

 
Lycéen-ne-s sans-papiers
Le Front de gauche mobilisé pour les droits des sans-papiers
 
 
      Charlotte Blandiot-Faride a débuté la séance du Conseil régional par une interpellation sur le sort des lycéennes et des lycéens sans-papiers, quelques jours avant la cérémonie de parrainage-marrainage de lycéen-ne-s sans-papiers organisée par Henriette Zoughebi, vice-présidente (Front de gauche) aux lycées et aux politiques éducatives, et les groupes de la majorité.

« Le 1er octobre 2010, le Conseil régional d’Île-de-France adoptait une résolution qui affirmait la solidarité des élu-e-s régionaux et régionales avec les élèves sans papiers ou menacés de le devenir dans les établissements franciliens, les plaçant sous leur protection et s’engageant à soutenir toutes les initiatives en faveur de leur régularisation », rappelle Charlotte Blandiot-Faride en introduction.

« Il y a un an, les Françaises et les Français exprimaient, en élisant un président et une majorité de gauche, leur volonté de changement. Après dix ans de majorité UMP, il s’agissait aussi de rompre avec le climat xénophobe, anti-immigration et sécuritaire, avec le discours de Grenoble, avec la stigmatisation des Rroms, avec la chasse aux sans-papiers ».

Or, « un an après, le changement se fait attendre. Le droit de vote des étrangers aux élections locales a été repoussé, la loi sur le contrôle au faciès n’a pas vu le jour, aucun changement tangible de la politique de l’immigration n’est au programme. Pire, en pratique, rien ne change, ou si peu : expulsion des Rroms, nombre record des expulsions en 2012, aucun changement dans les conditions ni dans l’existence même des centres de rétention ».

Pour les jeunes majeurs scolarisés, « la situation est simple : s’ils ne sont plus expulsés, ils ne sont pas non plus régularisés. Ces jeunes sont donc maintenus dans la précarité et, pour la plupart, ne cherchent même plus à régulariser leur situation sachant qu’ils ne remplissent pas les critères ».

C’est pourquoi le groupe Front de gauche PCF-GU-AC a demandé au président de la Région d’intervenir auprès du ministre de l’Intérieur « pour que toutes les lycéens, les lycéennes et les apprenti-e-s puissent obtenir les titres de séjour qui leur permettent de poursuivre leurs études ».

Sans attendre, la majorité régionale a organisé lundi une nouvelle initiative de parrainage-marrainage de lycéen-ne-s sans-papiers par des conseiller-e-s régionaux/les. « Par ce parrainage/marrainage les élu-e-s régionaux veulent protéger de toute issue dramatique ces élèves franciliens que rien ne devrait distinguer de leurs camarades. Ils et elles affirment leur engagement aux cotés des syndicats d’enseignant-e-s et de lycéen-ne-s, de la FCPE et du RESF pour le respect universel du droit à l’éducation ».

Retrouvez la question d’actualité de Charlotte Blandiot-Faride, le communiqué annonçant la cérémonie de parrainage-marrainage et la revue de presse sur cet événement.

 
Métropole de Paris
Inventer de nouveaux espaces de dialogue et de coopération
 
 
      Cette séance a été l’occasion d’un débat important sur la Métropole de Paris et l’acte III de la décentralisation, quelques semaines après le rejet par le Sénat de ces dispositions.

Pour le groupe, par la voix de Gabriel Massou, « le vote du Sénat n’est pas étonnant, faute d’avoir voulu entendre côté gouvernemental les objections et les attentes d’une partie des parlementaires de gauche ». « La question majeure à traiter, c’est celle de la façon d’appréhender l’émergence du fait métropolitain. Il faut prendre la mesure de la métropolisation dans sa complexité, en partie expression d’un capitalisme mondialisée et en partie véritable mutation de civilisation, à la fois forme prise par une accélération considérable des phénomènes urbains, des interdépendances, de la concentration des créations de richesses et simultanément facteur d’une aggravation dramatique des inégalités, des ségrégations, des relégations… »

« C’est au regard de ce défi majeur, celui de l’affrontement déjà engagé entre une métropole d’exclusion et une métropole d’inclusion, entre une métropole pour les élites ou un métropole pour tou-te-s, entre une métropole inégalitaire ou une métropole solidaire… que nous pensons nécessaire de réfléchir aux évolutions institutionnelles. Le débat n’est pas entre statu quo et changement, mais bien sur le type de changement à réaliser ».

« Nous avons deux repères pour baliser les évolutions nécessaires. Le premier, c’est la recherche des réponses les plus efficaces pour résoudre les problèmes des Francilien-ne-s. Nous n’opposons pas la fonction irremplaçable de la Région comme garante de cohérence et d’une vision stratégique de l’aménagement, et la fonction de lieux intermédiaires à l’échelle métropolitaine, de la ville de Paris et des autres collectivités territoriales.

Le second, c’est celui de la démocratie. Nous n’opposons pas la commune et la métropole. Lâcher l’échelon communal, avec ce qu’il représente en termes de solidarités et de démocratie, serait une folie. Mais ne pas investir la question métropolitaine serait aussi une folie, ce serait passer à côté d’enjeux essentiels. Nous pensons que cet échelon métropolitain supposera d’inventer de nouveaux espaces de dialogue et de coopération, capables de pendre en compte les dynamiques de projet, les attentes des citoyens et de mettre en débat les grands choix à opérer ».

« De tels espaces devront mieux représenter le territoires au travers de leurs élu-e-s, mais aussi mieux représenter les citoyen-ne-s, et mieux représenter les forces vives et les acteur-rice-s territoriaux comme les syndicats, le patronat, les universités, les artistes, le mouvement associatif », conclut-il.

Voir l’intervention du groupe.

 
Financement du Plan de mobilisation pour les transports
Une étape importante pour les transports en Île-de-France
 
 
      Le Conseil régional a adopté un plan de 6 milliards d’euros entre 2013 et 2017 pour la modernisation des transports en commun. Élaboré en 2009, ce Plan de mobilisation comprend de nombreux projets : prolongements de métros (12, 14, 4), tramways (T4, T1, T3…), modernisation des RER, prolongement du RER E, mais aussi bus à haut niveau de service…

« Nous ne boudons pas notre plaisir de voir ce plan adopté », a déclaré Laurence Cohen. « Nous l’avons suffisamment dit et réaffirmé : il est indispensable pour les Franciliennes et les Franciliens d’avoir un développement et une rénovation du système de transports franciliens, qu’il s’agisse du Plan de mobilisation ou du Grand Paris Express ».

« C’est une étape qui peut être franchie. Pour autant, des questions restent en suspens. Cela nécessite de continuer à réfléchir et à se mobiliser pour de nouvelles ressources financières importantes. Aujourd’hui, le gouvernement fait un geste et c’est positif. Mais je veux souligner notre exigence que cette recherche de nouvelles ressources n’incombe pas aux usagers, déjà largement impactés par les politiques austéritaires ».

Laurence Cohen, pour le groupe, a présenté et fait adopter plusieurs amendements. Le premier rappelait notre demande d’une harmonisation par le haut du versement transport (VT), la contribution des entreprises aux transports en commun, pour financer une zone unique au tarif de la zone 1-2. Une proposition que Laurence Cohen et le groupe Communistes, républicains et citoyens avait relayée au Sénat, mais rejetée par les sénateur-rice-s socialistes.

Le second insistait sur la nécessité de nouvelles ressources « les plus dynamiques possibles », pour financer de nouveaux projets d’importance après 2017 : Grand Paris Express, prolongements des lignes 1 et 10 du métro…

Voir l’intervention de Laurence Cohen et nos amendements.

 
Finances locales
En finir avec l’austérité imposée aux collectivités locales
 
  À l’occasion du débat sur le compte administratif 2012, Gabriel Massou a alerté sur la situation financière des collectivités locales.

« C’est avec à la fois une vive inquiétude et une forte volonté de mobilisation que nous abordons la mise en œuvre de nos choix régionaux jusqu’à la fin de notre mandat. Vive inquiétude, parce que la tension entre les besoins des Franciliennes et des Franciliens et nos moyens risque d’être toujours plus forte. Mais forte volonté de mobilisation, parce que nous ne nous résignions pas à cette situation intolérable où le gouvernement, le gouvernement du changement, non seulement maintient le gel des dotations, mais pour la première fois décide de leur baisse ».

« Où est donc passée la grande réforme fiscale ? Que sont devenues les revendications portées par toute la gauche pour la compensation de l’acte II de la décentralisation, alors qu’on prévoit un acte III sans recette nouvelle ? Il est encore temps de changer de cap, mais il y a urgence : sans mettre fin à l’asphyxie des collectivités, sans leur permettre d’augmenter leur niveau d’intervention et d’investissement, il n’y aura pas de relance de l’activité et il n’y aura pas non plus de possibilité de mettre en œuvre les projets d’avenir dont nous sommes porteurs ».

Retrouvez l’intervention de Gabriel Massou.

 
Lutte contre les discriminations et égalité femmes-hommes
Le Front de gauche à l’offensive pour enrichir l’action régionale
 
 
      La Région a adopté ses plans d’action pour l’égalité femmes-hommes et la lutte contre les discriminations. Une adoption dans un contexte préoccupant : « l’année 2012 témoigne d’un retour inquiétant de l’antisémitisme avec des actes en augmentation de 37% et confirme également l’augmentation du nombre des actes anti-musulmans de 28%. Cette multiplication d’actes racistes s’est accompagnée d’une banalisation des propos racistes rendue notamment possible par certains discours politiques », a rappelé Céline Malaisé.

« L’extrême droite s’est radicalisée, a occupé la rue et a multiplié les actions violentes. Sur le front de l’égalité femmes-hommes, le climat n’est pas le même mais, dans les faits, les inégalités ne reculent pas significativement que ce soit dans le domaine de l’emploi ou bien encore dans celui des violences faites aux femmes ».

« Bien sûr, la Région ne peut seule parvenir à modifier radicalement ce climat. Mais, parce qu’elle agit dans différents secteurs, parce qu’elle travaille avec de nombreuses associations et des collectivités territoriales, elle dispose d’importants leviers ».

Des propos qui motivent les nombreuses propositions du groupe à cette occasion. Nous avons en effet fait adopter des amendements pour mettre en place immédiatement et renforcer les missions de l’Observatoire régional contre les violences faites aux femmes ; former les formateur-rice-s en travail social à la construction du genre dès la petite enfance ; sensibiliser les enseignant-e-s aux stéréotypes sexistes véhiculés par les manuels scolaires ; former les demandeur-se-s d’emploi à l’égalité professionnelle…

Voir l’intervention de Céline Malaisé et nos amendements.

 
Sport
Conférence régionale du sport : bilan d’étape
 
  Trois ans après sa mise en place, Francis Parny, vice-président (Front de gauche) aux sports, a présenté un premier bilan de la Conférence régionale du sport.

Une instance qui a permis de réunir, pour l’année 2012, 11 ateliers et plus de 1000 personnes différentes pour aborder des thèmes essentiels : éthique, développement durable, insertion par le sport, pratiques mixtes ou féminines, sports émergents, aménagement du territoire… Pour émettre à la fin 45 recommandations que les collectivités peuvent prendre en compte, dans un secteur à la gouvernance partagée.

Pour Francis Parny, « cette conférence régionale nous aide à passer d’une conception du sport basée principalement sur la compétition à une conception du sport pour toutes et tous en correspondance avec la place de plus en plus grande que cette activité occupe dans notre société et pour étendre le droit d’accès au sport ».

Patrice Bessac, au nom du groupe, a salué « une démarche favorisant la participation des citoyen-ne-s dans la mise en place des politiques publiques », qui permet « de mieux adapter les politiques régionales aux demandes et aux besoins du mouvement sportif ». Et d’insister, parmi les préconisations, sur les investissements pour les pratiques sportives mixtes et féminines, la mise à disposition des équipements sportifs scolaires et la formation des bénévoles.

Retrouvez la présentation de Francis Parny et l’intervention de Patrice Bessac.